Combien coûte un prêt relais en France ?

Un prêt relais coûte bien plus que ses seuls intérêts. Ce guide détaille chaque poste de dépense, chiffres à l’appui, et les leviers qui permettent d’en faire baisser le prix.

Martin Iscovici·5 juillet 2024·Mis à jour le 3 septembre 2026·13 min de lecture

Combien coûte un prêt relais en France ?

Un prêt relais coûte bien plus que les seuls intérêts affichés par la banque. Pour 200 000 € empruntés sur 12 mois à un taux nominal de 4 %, il faut compter autour de 11 600 € une fois ajoutés les frais de dossier, l’assurance et les frais de garantie. Mi-2026, la Banque de France relève sur ces crédits un taux effectif moyen de 4,79 % assurance et frais compris, et l’addition s’alourdit à mesure que la vente de l’ancien logement se fait attendre.

Acheter avant d’avoir vendu n’a rien d’exceptionnel, et les banques y répondent presque toujours par ce montage de transition. D’un dossier à l’autre, la facture varie pourtant de plusieurs milliers d’euros selon le montant avancé, la durée retenue et la qualité de la négociation, trois paramètres sur lesquels vous gardez la main.

Prêt relais : définition et fonctionnement

Le prêt relais est un crédit de transition de 12 à 24 mois qui permet d’acheter un nouveau logement avant d’avoir vendu l’ancien. La banque avance 60 % à 80 % de la valeur du bien mis en vente et ne récupère sa mise qu’au jour de la signature chez le notaire. Cette souplesse a un prix, de l’ordre de 11 600 € pour 200 000 € avancés pendant un an.

Qu’est-ce qu’un prêt relais ?

Son nom décrit bien sa fonction, puisqu’il assure la jonction entre deux opérations que le calendrier n’a pas fait coïncider. La banque ne s’engage pas pour vingt ans mais pour le temps d’une vente, et se rembourse dès que le bien trouve preneur. C’est un pont, qui n’a pas vocation à durer.

La garantie de la banque, c’est précisément le logement que vous cherchez à vendre. Si la vente n’aboutit pas et que le prêt ne peut pas être remboursé dans les délais, l’établissement dispose des recours attachés à cette garantie et peut aller jusqu’à faire saisir le bien. C’est la contrepartie de la souplesse offerte, et elle mérite d’être gardée en tête dès la signature.

Cette durée volontairement courte fait aussi tout l’attrait du montage. En comblant l’écart de trésorerie entre les deux transactions, le prêt relais vous évite de brader votre logement pour tenir un calendrier et vous laisse le temps de négocier au juste prix.

Comment fonctionne un prêt relais ?

Tout commence par une estimation, que la banque fait réaliser avant d’avancer une fraction de la valeur retenue, généralement entre 60 % et 80 %. Cette prudence n’a rien d’arbitraire, car la marge conservée absorbe l’écart possible entre l’estimation et le prix réellement obtenu.

Pour une maison estimée 300 000 €, le prêt relais s’établira donc le plus souvent entre 180 000 € et 240 000 €. Cette somme sert d’apport pour l’acquisition du nouveau bien, et le produit de la vente vient la rembourser une fois l’acte signé. Si le logement part moins cher que prévu et que la vente ne couvre pas la totalité de l’avance, la différence reste à votre charge.

Prêt relais : deux formes possibles

Le montage prend deux formes, le prêt relais sec et le prêt relais adossé, selon qu’un crédit immobilier classique vient ou non le compléter. Tout dépend de ce qu’il reste à financer une fois l’avance de la banque déduite.

Prêt relais sec

Le prêt relais sec se suffit à lui-même, puisque vous ne souscrivez que l’avance, sans crédit immobilier de long terme à côté. Cette formule s’adresse aux propriétaires qui réunissent déjà l’essentiel de la somme nécessaire à leur nouvelle acquisition, souvent parce que le bien vendu vaut autant ou davantage que celui qu’ils achètent, et à qui il ne manque qu’un complément le temps de la transition.

Prêt relais adossé

Le prêt relais adossé, aussi appelé relais associé, combine l’avance et un crédit immobilier classique, souscrits l’un à côté de l’autre. C’est la formule retenue lorsque la vente à venir ne suffira pas à couvrir le prix du nouveau logement. Le jour de la vente, la somme encaissée solde le relais, tandis que le crédit long terme, lui, continue de courir selon son échéancier habituel. À ne pas confondre avec le prêt relais intégré, que certaines banques présentent comme un prêt achat-revente : un crédit unique y regroupe les deux, vous ne réglez qu’une seule mensualité dès le départ, et la vente vient rembourser par anticipation une partie du capital, la banque réaménageant ensuite la durée ou le montant.

Quels coûts pour un prêt relais ?

Quatre postes composent le coût d’un prêt relais, les intérêts, les frais de dossier, l’assurance emprunteur et les frais de garantie. Sur une avance de 200 000 € pendant un an, l’ensemble représente couramment 11 000 à 12 000 €. Les intérêts pèsent le plus lourd, mais les frais annexes comptent davantage qu’on ne l’imagine.

Les intérêts et les taux d’intérêt

Sur une avance de 200 000 € à un taux nominal de 4 %, les intérêts atteignent 8 000 € en douze mois, soit près de sept dixièmes de la facture totale. Deux éléments les commandent, la nature du taux d’abord, fixe ou variable, puis le niveau obtenu au terme de la négociation.

Taux fixe ou taux variable ?

La banque propose l’une ou l’autre formule, et elles ne vous exposent pas au même risque.

  • Taux fixe : le taux reste identique pendant toute la durée du prêt. Vous savez dès la signature ce que vous paierez, au prix d’un point de départ souvent un peu plus élevé.
  • Taux variable : le taux suit les conditions du marché. Il joue en votre faveur s’il baisse, contre vous s’il monte, avec des échéances qui s’alourdissent d’autant.

Sur une durée aussi courte, le choix se tranche moins sur le calcul que sur votre tolérance à l’imprévu.

Comparaison nécessaire des taux d’intérêt

D’un établissement à l’autre, un même dossier ne se voit pas proposer le même taux, et l’écart n’a rien de symbolique. Mi-2026, le taux nominal d’un prêt relais, celui qui sert à calculer les intérêts, s’échelonne le plus souvent entre 3,4 % et 4,2 %. Le TAEG, qui ajoute à ce taux l’assurance et les frais, monte nettement plus haut, puisque la Banque de France a relevé un taux effectif moyen de 4,79 % au deuxième trimestre 2026. C’est sur cette moyenne qu’est calé le plafond légal appelé taux d’usure, fixé à 6,39 % depuis le 1er juillet 2026, qu’aucune offre ne peut dépasser une fois l’assurance et les frais intégrés.

Sur 200 000 €, huit dixièmes de point de taux nominal représentent déjà 1 600 € d’intérêts en douze mois. Solliciter plusieurs banques avant de vous engager n’a donc rien d’une formalité.

Les frais annexes

Trois lignes complètent la facture, les frais de dossier, l’assurance emprunteur et les frais de garantie. Sur une avance de 200 000 € pendant un an, elles pèsent ensemble près de 3 600 €, soit environ un tiers du coût total, et on les découvre trop souvent au moment de signer.

Frais de dossier

Ce sont les frais administratifs liés à la mise en place du prêt. Comptez le plus souvent entre 500 et 1 500 €. La loi les plafonne à 1 % du montant emprunté, mais les banques atteignent rarement ce plafond sur une somme élevée, car elles appliquent leur propre maximum, généralement voisin de 1 500 €. C’est aussi la ligne qu’elles acceptent le plus volontiers de réduire, surtout lorsque vous êtes déjà client chez elles.

Assurance emprunteur

Exigée dans la quasi-totalité des cas, l’assurance emprunteur couvre le décès, l’invalidité et l’incapacité de travail. Son coût dépend de votre âge, de votre état de santé et du montant emprunté, et représente chaque année 0,1 % à 0,5 % du capital restant dû, c’est-à-dire de la somme qu’il vous reste à rembourser.

Frais de garantie

La banque réclame enfin une garantie, qui prend la forme d’une hypothèque ou d’une caution. Les deux ne l’engagent pas de la même manière et ne coûtent pas le même prix.

  • L’hypothèque : votre bien répond de la dette et la banque peut le faire saisir en cas de non-paiement. Entre les frais de notaire et les taxes, comptez 1,5 % à 2 % du montant du prêt.
  • La caution : une société de cautionnement se porte garante à votre place, sans que votre logement soit directement engagé. Certaines banques la privilégient, d’autant qu’elle revient généralement moins cher, entre 0,5 % et 1,5 % du montant du prêt.

Illustration de ces coûts

Deux exemples chiffrés, calculés avec les taux nominaux constatés en 2026, valent mieux qu’un long développement.

  • Exemple 1 : prêt relais de 200 000 € sur 12 mois à taux fixe de 4 %
    • Intérêts : 200 000 € × 4 % = 8 000 €
    • Frais de dossier : 1 000 €
    • Assurance emprunteur (0,3 %) : 600 €
    • Frais de garantie (caution, 1 %) : 2 000 €
    • Coût total : 8 000 € + 1 000 € + 600 € + 2 000 € = 11 600 €
  • Exemple 2 : prêt relais de 300 000 € sur 18 mois à taux variable moyen de 3,8 %
    • Intérêts (sur 18 mois) : 300 000 € × 3,8 % × 1,5 an = 17 100 €
    • Frais de dossier : 1 500 €
    • Assurance emprunteur (0,3 % par an sur 18 mois) : 1 350 €
    • Frais de garantie (caution, 1 %) : 3 000 €
    • Coût total : 17 100 € + 1 500 € + 1 350 € + 3 000 € = 22 950 €

Plus de 11 000 € séparent ces deux dossiers. Le coût d’un prêt relais n’a donc rien d’anecdotique, et il grandit avec le montant comme avec la durée. Mieux vaut l’avoir chiffré avant de signer, en envisageant aussi l’hypothèse d’une vente plus longue que prévu.

Comment obtenir un prêt relais avantageux ?

Trois leviers font l’essentiel de l’écart. Mettre les établissements en concurrence, négocier ligne à ligne et se faire accompagner par un courtier permettent, sur une avance de 200 000 €, d’économiser plusieurs milliers d’euros sur le coût total.

Comparaison des offres

La comparaison ne se joue pas seulement sur le taux. Les frais de dossier, le mode de garantie retenu, le contrat d’assurance imposé ou non par la banque pèsent tout autant sur la facture finale, si bien que deux offres au même taux peuvent se révéler très différentes une fois tous ces postes additionnés. Réclamez donc plusieurs propositions écrites et comparez-les sur le coût total, ou sur le TAEG qui le résume en un seul pourcentage, jamais sur le taux affiché en première ligne.

Les comparateurs en ligne dégrossissent utilement le marché en quelques minutes. Ils ne remplacent pas un échange avec un professionnel, mais ils vous évitent d’entrer en négociation sans point de comparaison.

Négociation avec les banques

Vient ensuite la discussion, et les banques y gardent une marge de manœuvre réelle, plus large sur les frais annexes que sur le taux lui-même. Un dossier bien préparé fait gagner quelques centaines d’euros sur une avance modeste, plusieurs milliers sur un montage à 300 000 €.

Conseils pour obtenir les meilleures conditions

Quelques réflexes améliorent nettement vos chances d’obtenir de bonnes conditions.

  • Préparez un dossier solide : revenus stables, historique bancaire irréprochable et estimation sérieuse du bien mis en vente
  • Faites jouer la concurrence en présentant les propositions obtenues ailleurs, pour inviter votre banque à s’aligner
  • Négociez les frais annexes, souvent plus souples que le taux lui-même
  • Rappelez votre ancienneté si vous êtes client de longue date, car la fidélité reste un argument qui porte

Rôle du courtier en prêt immobilier

Passer par un courtier en prêt immobilier compte parmi les moyens les plus efficaces d’obtenir de bonnes conditions. Parce qu’il travaille avec un large réseau d’établissements, il sait où votre dossier sera le mieux accueilli, négocie en votre nom, prend en charge les démarches et accède parfois à des conditions que vous n’obtiendriez pas seul au guichet. Sur un montage aussi court qu’un prêt relais, où chaque dixième de point compte, ce regard d’expert se rentabilise vite.

Prêt relais ou autre solution : comment trancher

Comparer les offres, négocier chaque ligne et s’entourer d’un courtier allègent sensiblement le coût d’un prêt relais. Reste une question que l’on se pose rarement assez tôt, celle de savoir si ce prêt est bien la meilleure réponse à votre situation, tant d’autres voies existent pour acheter avant d’avoir vendu.

Lorsque le projet peut se faire sans emprunter, la vente partielle créée par OBEN ouvre justement une autre voie. Vous vendez à un partenaire investisseur d’OBEN une quote-part indivise de votre logement actuel, vous en encaissez le prix, et vous continuez d’y habiter, de le louer ou de le gérer comme vous l’entendez jusqu’à la vente. Aucune mensualité, aucune dette, et rien qui vous sera réclamé plus tard, puisqu’il s’agit bien d’une vente dont vous touchez le prix. L’opération s’adresse à tous les profils de propriétaires, sans condition d’âge, de situation ni de revenu.

L’atout de cette solution, pour un achat avant revente, tient à sa souplesse. Exemple illustratif : propriétaire d’un appartement parisien estimé 800 000 € et déjà mis en vente, vous pouvez débloquer jusqu’à 400 000 € et sécuriser l’achat de votre prochain logement sans attendre la signature. Rien ne vous oblige pour autant à aller si loin. S’il ne vous manque que 90 000 €, vous ne vendez que la part correspondante, car il n’existe aucun montant minimum, et c’est exactement ce qui vous permet d’en maîtriser le coût.

Vous sortez ensuite de l’opération quand vous le souhaitez, jusqu’à 36 mois au plus tard. Deux issues sont prévues dès la signature chez le notaire, le rachat de la quote-part cédée ou la vente du bien, chacun récupérant alors la sienne, et OBEN vous aide à choisir celle qui vous sert le mieux le moment venu.

D’autres opérations immobilières répondent à la même situation, comme la vente avec complément de prix ou la vente à réméré. Elles portent en pratique sur des montants nettement plus élevés, rarement moins de la moitié de la valeur du bien, et reviennent presque toujours plus cher que la vente partielle. Leurs modalités varient aussi beaucoup d’un opérateur à l’autre, des conditions de rachat aux règles d’usage du logement, et méritent une lecture attentive avant toute signature. Un conseiller OBEN, expert en monétisation immobilière, sait lire ces montages et vous proposer, le cas échéant, la version qui protège réellement le propriétaire.

Le rôle d’OBEN ne s’arrête d’ailleurs pas là. Grâce à un réseau de partenaires bancaires et non bancaires, l’entreprise donne aussi accès aux meilleures solutions de financement du marché quand elles constituent la réponse la plus juste, et votre interlocuteur vous dira franchement si, dans votre cas, le prêt relais reste la meilleure option. Quelques minutes de simulation en ligne suffisent pour savoir où vous en êtes.

Ces repères sont donnés à titre indicatif et général, car les taux, les frais et les pratiques des établissements évoluent, et aucun dossier ne ressemble tout à fait au précédent. Une vente partielle, en particulier, est une opération sur mesure, formalisée par un acte authentique reçu par le notaire, dont les modalités font foi et peuvent différer de ce que décrit cet article. Votre conseiller OBEN et votre notaire vous accompagnent du premier échange jusqu’au dénouement, et prennent le temps de vous expliquer chaque clause avant que vous ne signiez quoi que ce soit.

Martin Iscovici

Président et cofondateur d’OBEN · LinkedIn

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