Comment éviter les droits de succession sur un bien immobilier en France ?

On vous explique comment minimiser, de manière légale, les droits de succession en France !

Arthur Lenglet·13 février 2024·Mis à jour le 2 septembre 2026·7 min de lecture

Comment éviter les droits de succession sur un bien immobilier en France ?

Lorsqu'il s'agit de planifier la transmission d'un bien immobilier en France, il est essentiel de comprendre en détail les droits de succession et les différentes options disponibles pour les minimiser de manière légale.

Cet article examine les différentes stratégies efficaces afin d’éviter les possibles droits de succession sur un bien immobilier en France, ainsi que les conséquences de cette démarche, puis donne quelques conseils pour une planification successorale efficace.

Mais avant de détailler les différentes méthodes pour minimiser les droits de succession, encore faut-il comprendre en quoi ils consistent réellement.

Comprendre les droits de succession en France

Définition des droits de succession en France

En France, les droits de succession sont des impôts prélevés sur la valeur des biens transmis à la suite d'un décès. C’est-à-dire ? Les droits de succession sont des impôts qui doivent être payés par les héritiers ou les bénéficiaires d'une succession afin de bénéficier du legs ou de l’héritage.

Un legs est une transmission volontaire de biens effectuée par le défunt, généralement par le biais d'un testament.

Un héritage, en revanche, désigne la transmission légale des biens du défunt à ses héritiers légaux en vertu du droit successoral, en l'absence de disposition testamentaire.

Ces droits de succession sont calculés en fonction de la valeur nette des biens transmis et sont soumis à des taux progressifs ; ces derniers varient en fonction du lien de parenté entre le défunt et les héritiers.

À noter : le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Les stratégies ci-dessous concernent donc surtout la transmission aux enfants et aux autres héritiers.

Mais de manière plus précise, comment sont-ils réellement calculés ?

Comment sont calculés les droits de succession en France ?

Les droits de succession sont calculés en fonction de plusieurs facteurs : la valeur de l'actif net taxable, le degré de parenté entre le défunt et les héritiers, ainsi que les éventuels abattements ou exemptions applicables.

Le calcul des droits de succession peut toutefois être complexe et varier en fonction de chaque situation individuelle.

En France, il existe différents taux d'imposition applicables aux droits de succession, variant en fonction du degré de parenté entre le défunt et les héritiers. Par exemple, les héritiers en ligne directe, tels que les enfants ou les petits-enfants, bénéficient de taux réduits par rapport aux héritiers plus éloignés, tels que les frères et sœurs ou les neveux et nièces. En ligne directe, le barème progressif va de 5 % à 45 %, après un abattement de 100 000 € par enfant.

Notons que les droits de succession peuvent être réduits grâce à certaines stratégies de planification successorale, sous réserve des limites et conditions fixées par le Code général des impôts (abattements, barèmes et rappel fiscal des donations).

Les stratégies légales pour minimiser les droits de succession

Il existe tout de même des stratégies légales qui vous permettent de minimiser les droits de succession sur un bien immobilier en France.

Les donations de votre vivant

Une stratégie courante pour minimiser les droits de succession consiste à effectuer des donations de votre vivant. Ces donations désignent des transferts volontaires de biens ou de patrimoine effectués de votre vivant à vos héritiers ou à d'autres bénéficiaires désignés. De l'argent, des biens immobiliers, des actions ou encore d'autres types d'actifs peuvent faire l'objet de donations.

En réalisant des donations régulières à vos héritiers, vous pouvez réduire la valeur de votre patrimoine taxable et ainsi diminuer les droits de succession à payer à votre décès. Concrètement, chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans en franchise de droits, plus 31 865 € de dons familiaux de sommes d'argent sous conditions.

Les donations de votre vivant peuvent toutefois être soumises à des règles strictes en matière de taxation. Par exemple, il existe des plafonds de donations au-delà desquels des droits de donation peuvent être appliqués.

OBEN recommande donc de consulter un professionnel du droit ou un notaire afin de vous assurer de respecter toutes les obligations légales.

L’assurance-vie comme outil de planification successorale

L'assurance-vie est aussi un outil efficace afin de minimiser les droits de succession.

En désignant vos héritiers comme bénéficiaires de votre contrat d'assurance-vie, il vous est possible de leur transmettre des fonds hors du cadre de la succession classique, ce qui signifie que les capitaux transmis échappent aux droits de succession jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.

L'assurance-vie offre également d'autres avantages, tels que la possibilité de contourner les délais de succession et de protéger financièrement vos proches en cas de décès prématuré.

Toutefois, prenez le temps de comprendre les différentes options et clauses de votre contrat d'assurance-vie afin de choisir la solution la plus adaptée à votre situation. Ne vous engagez pas seul dans une telle opération, et demandez avis à votre conseiller. 

L’utilisation du démembrement de propriété

Par le démembrement de votre propriété, vous divisez la pleine propriété en deux : l'usufruit, c'est-à-dire le droit d’en avoir l’usage et d’en percevoir les revenus, et la nue-propriété, c'est-à-dire le droit de disposer du bien (le vendre, le donner, le léguer), sans pouvoir l'occuper ni en percevoir les revenus. En donnant la nue-propriété à vos héritiers tout en conservant l'usufruit, vous réduisez la valeur de votre patrimoine taxable.

L'intérêt est double : la donation de la nue-propriété n'est taxée que sur une fraction de la valeur du bien, fixée par le barème de l'article 669 du CGI selon l'âge de l'usufruitier au jour de la donation (60 % de la valeur, par exemple, si le donateur qui conserve l'usufruit a entre 61 et 70 ans). Et au décès de l'usufruitier, le nu-propriétaire récupère automatiquement la pleine propriété sans aucun droit de succession supplémentaire (article 1133 du CGI).

Cette stratégie peut être particulièrement avantageuse si vous souhaitez transmettre votre patrimoine immobilier tout en continuant à en jouir pendant votre vie. Cependant, il est essentiel de bien comprendre les implications juridiques et fiscales du démembrement de propriété avant de l'envisager. OBEN recommande de consulter un notaire ou un expert en droit successoral pour vous guider dans cette démarche.

Nos conseils pour une planification successorale efficace

Afin de réaliser une succession efficace, il est recommandé de suivre quelques conseils clés. 

La consultation d'un notaire ou d'un conseiller fiscal

Il est fortement recommandé de consulter un notaire ou un conseiller fiscal spécialisé dans les successions pour obtenir des conseils personnalisés, adaptés à votre situation personnelle. Ils pourront vous aider à choisir la meilleure stratégie pour minimiser les droits de succession tout en respectant la réglementation en vigueur.

L’importance de la mise à jour régulière de votre plan

Il est essentiel de mettre à jour régulièrement votre plan de succession pour tenir compte des changements dans votre situation familiale, financière, économique ou légale. Un plan de succession qui n'est plus adapté entraînera des problèmes et des complications lors de la transmission de vos biens.

Une préparation pour l'avenir avec une planification prudente

Enfin, une planification prudente pour l'avenir peut vous aider à éviter les problèmes potentiels liés à la transmission de votre bien immobilier. Prenez le temps de réfléchir à vos objectifs, à vos préférences et aux besoins de vos héritiers afin de créer un plan de succession solide et efficace.

Conclusion

Éviter les droits de succession sur un bien immobilier en France est possible en utilisant des stratégies légales telles que les donations, l'utilisation d'une assurance-vie et le démembrement de propriété. Cependant, il faut également prévoir de réadapter régulièrement votre plan successoral en fonction des changements de vie rencontrés et en prenant en compte les conséquences fiscales potentielles. Consulter des professionnels pour une planification successorale efficace est donc nécessaire.

Arthur Lenglet

Directeur des opérations et cofondateur d’OBEN · LinkedIn

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